Golfe du Morbihan - ONCFS

Bernaches et canards dans le golfe du Morbihan

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Bernaches cravants Bernaches cravants ONCFS
Les anatidés (oies et canards) comprennent des espèces dites "de surface" et des espèces plongeuses, en raison surtout de leur mode d'alimentation. Les bernaches sont apparentées aux oies.
A l'image des limicoles, les anatidés espèces représentent une part essentielle de l'intérêt ornithologique du golfe du Morbihan, tant d'un point de vue numérique que de la diversité d'espèces présentes.

Les espèces emblématiques

Bernache cravant Branta bernicla

L’aire de reproduction se limite au littoral arctique de la Sibérie. La migration post-nuptiale a lieu dans une premier temps sur le littoral du Danemark et de l’Allemagne en septembre, puis elles se dispersent vers les baies et estuaires du sud de la Mer du Nord, la Manche, le littoral atlantique français, le Bassin d’Arcachon constituant la limite sud de l’aire d’hivernage.
La bernache cravant est une petite oie au plumage sombre : la poitrine et la tête sont noirs, le cou porte une petite tache blanche de chaque côté, le dessous est gris-brun foncé, y compris le ventre. Le bec et les pattes palmées sont uniformément noirs. Le dessous de la queue est blanc. Elle pousse un cri caractéristique, largement reconnaissable. Les bernaches cravants volent en formations irrégulières, rarement en V. Le régime est végétarien, elle consomme notamment les zostères, plantes marines abondantes dans le golfe du Morbihan.
La bernache cravant fréquente le golfe du Morbihan durant la période d’hivernage : les premières sont observées en septembre, les dernières en avril. Un pic d’abondance est marqué en début d’hiver, notamment en novembre ou décembre. Ces dernières années, les effectifs de bernaches cravants ont largement diminué, se situant à peine autour de 11 000 individus en 2008-2009, alors que par le passé ils pouvaient être supérieur à 30 000 oiseaux. Le golfe du Morbihan fait partie des 9 zones d’importance internationale pour l’espèce en France (En France, les effectifs hivernants sont à surveiller, d’autant que le pays occupe une place prépondérante pour l’hivernage de cette espèce puisqu’elle accueille entre 30 et 40% des effectifs totaux).


Bernaches cravants s'alimentant dans le secteur de Penvins (Sarzeau). Le collier blanc est bien visible, ONCFS
caractéristique chez cette espèce emblématique du golfe du Morbihan.

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/bernache.cravant.html


Tadorne de Belon Tadorna tadorna

L’aire de reproduction du tadorne s’étend le long du littoral du nord ouest de l’Europe, du Cap Nord en Norvège à l’estuaire de la Gironde en France, et des îles britanniques à la Baltique. Il se reproduit également plus localement dans les zones humides littorales méditerranéennes, ainsi qu’en Asie Centrale où son aire de répartition atteint le nord ouest de la Chine. En période hivernale, on observe un glissement des populations vers le sud ouest de l’Europe, depuis le Danemark jusqu’au littoral atlantique français, ainsi qu’en Afrique du Nord.
Le tadorne de Belon est l'un des rares canards protégés en France.
C'est le plus grand des canards de surface en France. Le mâle et la femelle sont presque identiques, ce qui est plutôt rare chez les canards. La tête et le haut du cou sont verts, le reste du cou blanc. Le bec est rouge, avec un tubercule à la base chez les mâles. Une bande rousse ceinture la poitrine et le haut du dos. Le milieu du ventre est noir et le reste du dessous est blanc. On peut rencontrer le tadorne de Belon le long du littoral où il fréquente surtout les côtes marines plates, sablonneuses ou vaseuses. Le tadorne de Belon se nourrit principalement de mollusques bivalves, de gastéropodes marins et de crustacés.Le tadorne de Belon est visible dans l'ensemble du golfe, surtout en hiver, et il est présent toute l'année. L’hivernage du tadorne de Belon a fortement augmenté dans le golfe du Morbihan, d’environ 100 individus à la fin des années 60 à 3000-5000 actuellement.
Les premières observations de la reproduction du tadorne dans le golfe du Morbihan ont été signalées en 1961
. Les effectifs ont fortement augmenté depuis pour atteindre 200 à 250 couples entre 1990 et 1994 (estimation basée sur le nombre de territoires alimentaires occupés). Un dénombrement réalisé sur l’ensemble de la zone en 1998 a permis d’estimer la population du site Ramsar à 395-414 couples (golfe du Mobihan et rivière de Pénerf). Un nouveau recensement doit avoir lieu au cours du printemps 2010.


Envol de tadorne de Belon sur l'île de Hoedic. Le tubercule au sommet du bec est présent uniquement chez les mâles. ONCFS

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/tadorne.de.belon.htm


Les autres canards de surface :

Les canards de surface ou barboteurs sont nommés ainsi en raison de la manière dont ils trouvent leur nourriture : ils s'immergent seulement à mi-corps, la queue à la verticale et les pattes hors de l'eau pour atteindre le fond et fouiller dans la vase avec leur bec. Ils se nourrissent de graines, de feuilles, de tiges de plantes aquatiques, mais aussi de vers, de petits crustacés et de mollusques. Contrairement aux canards plongeurs, ils peuvent se déplacer facilement au sol et décollent immédiatement de l'eau. Outre le tadorne de Belon, les principales espèces observables dans le golfe du Morbihan sont le canard siffleur, le canard pilet, le canard souchet, la sarcelle d'hiver et bien sûr le canard colvert.

Canard siffleur Anas penelope

Ce canard chassable se reproduit en zone boréale et sub-arctique, de l’Islande jusqu’à la Sibérie orientale. Les siffleurs nichant à l’ouest de l’Oural hivernent principalement dans la zone maritime (baies, estuaires, lagunes saumâtres) de l’Europe occidentale, depuis la Mer du Nord jusqu’au nord-ouest du Maroc.
La tête brune du mâle coupée d'un trait jaune paille le distingue nettement des autres mâles de canards de surface. Son bec est gris clair et il porte une bande alaire blanche. Ce canard émet un sifflement caractéristique et mélodieux qui lui a valu son nom.
Le canard siffleur fréquente le golfe du Morbihan durant la période d’hivernage. La baie de Sarzeau est un site privilégié pour les observer en nombre. Au cours des 50 dernières années, les effectifs maximaux ont nettement diminué sur le golfe, déclin mis en relation avec l'assèchement des zones humides (prairies inondables de la baie de Vilaine), et plus récemment la régression des herbiers de zostère naine et le dérangement occasionné par la pêche à pied des palourdes. Le golfe accueillait en moyenne 35 000 canards siffleurs au cours des années 1960, effectif pouvant parfois atteindre 48 000 individus. Aujourd'hui, le golfe n'accueille plus que 4000 oiseaux en moyenne...

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/canard.siffleur.html

Canard pilet Anas acuta

L’aire de reproduction de ce canard chassable est vaste, surtout nordique (de l’islande à la Sibérie), de la zone boréale jusqu’à l’arctique. L’aire d’hivernage est immense, depuis le sud de la Scandinavie jusqu’à l’Afrique sub-saharienne et inclut le bassin méditerranéen.
Le canard pilet semble plus svelte et élancé que les autres espèces, en raison de son grand cou et de sa longue queue effilée noire et jaune. Le mâle possède une tête brun chocolat, un cou blanc qui se prolonge par une bande blanche qui remonte en arrière des joues. Le dos est gris, l'extrémité des ailes noire. Les longues plumes de la queue et l'allure élancée de ce canard le rendent facilement identifiable en vol.
Le canard pilet fréquente le golfe du Morbihan durant la période d’hivernage. Ces 20 dernières années, les effectifs maxima sont en régression sur le golfe. Pour la période 1991-2000, en moyenne un peu plus de 2000 oiseaux fréquentaient le golfe, alors que ces deux dernières années, cela avoisine plutôt le millier d'individus. Les plus grosses concentrations sont notées dans les secteurs de Saint Armel, Birhit, Kergeorget et Saint Colombier. En début d’hiver, le gros des stationnements est observé sur la vasière de Saint Armel.

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/canard.pilet.html


Canards pilets, mâles et femelle (à gauche), et canard siffleur mâle (à droite), au jardin des plantes de Nantes. ONCFS

Canard souchet Anas clypeata

L’aire de reproduction couvre l’Europe moyenne, depuis la Grande-Bretagne jusqu’à la Finlande et la Russie. L’aire d’hivernage dans l’ouest de l’Europe se situe en zone tempérée, de l’Angleterre et des Pays-Bas au nord, jusqu’au bassin méditerranéen.
Le mâle souchet présente un bec caractéristique reconnaissable entre tous : de taille importante par rapport au volume de la tête, il est très élargi à l'extrémité et donne l'impression d'être aplati. Sa tête est vert-bouteille et son iris jaune. Sa poitrine est blanche, ses flancs et son ventre marron, son dos noir. Le souchet est légèrement plus petit que le canard colvert et se tient plus à plat sur l'eau.
Le canard souchet fréquente la partie maritime du golfe du Morbihan durant la période d’hivernage. Les marais fournissent un cadre complémentaire du cycle de présence de l’espèce. Les stationnements diurnes commencent dès la fermeture de la chasse. Ils se prolongent jusqu’à la fin d’avril. A partir de mai, les stationnements sont faibles, mais il s’agit de probables reproducteurs. Les effectifs maximaux tendent à fluctuer dans le golfe et sont plutôt stables, voire en augmentation ces deux dernières années (maxima autour de 700 oiseaux). La nidification de l’espèce a été régulièrement observée dans les marais de Séné au début des années 90, avec un maximum de 4 à 5 couples en 1994.

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/canard.souchet.html

Sarcelle d'hiver Anas crecca

L’aire de reproduction de cette espèce chassable couvre une grande partie de l’Europe du nord jusqu’à la Russie, principalement dans la zone boréale et sub-arctique. L’aire d’hivernage est également très vaste, depuis le sud de la Mer Baltique jusqu’au bassin méditerranéen.
La sarcelle d'hiver est le plus petit canard d'Europe. Sa tête est rousse avec une large bande verte sur les joues. La poitrine est crème tachetée de noirâtre, prolongée par un ventre blanc et le dessous de la queue est jaune bordé de noir. Les ailes sont marquées par une fine bande blanche sur leur avant et par un miroir noir et vert sur la partie centrale. La sarcelle d'hiver émet des sifflements doux et flûtés caractéristiques.
Elle fréquente le golfe du Morbihan pendant la saison hivernale. L'un des sites privilégié dans le golfe est le marais du Duer où un suivi est réalisé par le gestionnaire du site (commune de Sarzeau), en convention avec l'ONCFS. Les effectifs maximaux sont variables depuis 20 ans et montrent une tendance à la baisse sur la dernière décennie avec des effectifs oscillant entre 100 et 2000 individus.

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/sarcelle.d.hiver.html

Les canards plongeurs :

Les canards plongeurs se nourrissent principalement en plongeant sous l'eau, ce qui les différencie des canards de surface. Leur morphologie particulière (pattes situées plus en arrière) ne leur permet pas de se déplacer facilement à terre et de s'envoler directement de l'eau : ils doivent battre longuement des ailes et des pattes à la surface de l'eau.

Garrot à œil d’or Bucephala clangula

Le garrot à œil d’or est une espèce chassable, relativement rare en hivernage en France (liste rouge), mais dont le statut de conservation n’est pas défavorable en Europe. L’aire d’hivernage est septentrionale, depuis la Scandinavie jusqu’à la France.
Le garrot à oeil d'or est un petit canard plongeur reconnaissable à son allure : silhouette trapue, bec court , tête triangulaire. Le mâle possède une tête noire et une tache arrondie blanche marque la joue en avant de l'oeil jaune. Le dos et l'arrière sont noirs et le reste du corps est blanc. Il se nourrit essentiellement d’invertébrés benthiques et de bivalves. Quand il nage, il est profondément enfoncé dans l'eau, peut s'immerger longtemps et replonger très régulièrement.
Le garrot à œil d’or fréquente le Golfe du Morbihan en hivernage, de novembre à mars. Des groupes sont traditionnellement observés dans les anses de Kerdelan, de Kerners, au large de l’Île d’Arz, au moulin de Pen Castel, dans la rivière d’Auray, au large de Bailleron. Ses effectifs ont largement régressé au cours de ces 20 dernières années dans le golfe du Morbihan. Pour la période 1991/2000 la moyenne était de 623 oiseaux, alors que pour la période de 2001/2010, la moyenne est de 293. Au cours des 20 dernières années, le golfe du Morbihan n’en est pas moins resté l’un des trois sites principaux d’hivernage du garrot en France et le premier site littoral (les deux autres sites majeurs sont le Lac Leman et surtout le Cours du Rhin où l’effectif dépasse annuellement les 1000 individus).

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/garrot.a.oeil.d.or.html


Harle huppé Mergus serrator

Le harle huppé est une espèce protégée, relativement rare en hivernage en France (liste rouge), mais dont le statut de conservation n’est pas défavorable en Europe. L’aire d’hivernage s’étend du sud de la Scandinavie jusqu’au bassin méditerranéen, avec une prédilection pour les habitats marins abrités et peu profonds.
Le harle huppé est un canard plongeur à l'allure élancée et svelte, au bec rouge effilé et à la tête ornée d'une huppe caractéristique. Le mâle possède un collier blanc et une poitrine roussâtre tachetée de noir. C’est un canard piscivore, qui fréquente notamment les herbiers de zostère où les poissons trouvent refuge.
Le harle huppé fréquente le golfe du Morbihan en hivernage, de novembre à avril. Généralement, ils sont observés en groupes pouvant aller de quelques individus à une trentaine. Les concentrations d’effectifs (groupes de 10 à 30 individus) sont recensées dans les anses de Kerdelan, du Vran, au Logeo au large de l’Ile d’Arz, au large de Bailleron, au sud d’Arradon. Ses effectifs ont légèrement régressé au cours de ces 20 dernières années dans le golfe du Morbihan. Pour la période 1991/2000 la moyenne était de 1612 oiseaux, alors que pour la période de 2001/2010, la moyenne est de 1439. La baisse est significative ces dernières années (1234 individus en janvier 2010). Au cours des 20 dernières années, le golfe du Morbihan n’en est pas moins resté le premier site d’hivernage du harle huppé en France (le deuxième site étant la rade de Brest avec un effectif fluctuant autour de 600 individus seulement).

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/harle.huppe.html

Eider à duvet Somateria mollissima

L’eider à duvet est un canard marin dont l’aire de reproduction s’étend sur les zones boréales et arctiques des océans Atlantique et Pacifique. En Europe, les principales populations reproductrices sont situées le long des côtes de la Mer Baltique, en Scandinavie, en Islande, et à un moindre degré dans le sud de la Mer du Nord et le nord des îles britanniques. La France, abrite une très petite population, d'une vingtaine de couples au maximum.
L'eider à duvet est un grand canard qui présente un profil très particulier en raison de la forme du bec, cunéiforme et massif. Le mâle a une calotte noire, une nuque verte, des joues blanches et vertes. La poitrine rosée et le dos blanc contrastent avec les flancs, le ventre, ainsi que le croupion et la queue qui sont noirs.
Sa présence dans le golfe du Morbihan reste anecdotique, bien que l'espèce soit observée régulièrement sur Méaban en petit effectif au printemps et en été. La reproduction a été avérée à la fin des années 90, mais depuis les données manquent en dépit d'observations annuelles de l'espèce sur ce site.


Groupe d'eider à duvet au printemps 2008, île de Méaban ONCFS

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/eider.a.duvet.html

L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

L'ONCFS est un établissement public, sous double tutelle des Ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, en charge de la connaissance de la faune sauvage et de ses habitats, de la police de la chasse et de l'environnement et de l'appui technique auprès des décideurs politiques, aménageurs et gestionnaire de l'espace rural.  L'ONCFS est implanté dans tous les départements métropolitains et d'outre-mer.

Site internet : www.golfedumorbihan.org Adresse mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Faune Sauvage du Golfe du Morbihan