Golfe du Morbihan - ONCFS

Les limicoles dans le golfe du Morbihan

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Envol de limicoles Envol de limicoles ONCFS
Les oiseaux désignés par le terme de limicoles sont de petits échassiers appartenant à l'ordre des Charadriiformes : échasses, avocettes, œdicnèmes, vanneaux, pluviers, bécasses et bécassines, barges, courlis, chevaliers, bécasseaux, etc. On les surnomme parfois "petits échassiers de rivage" en raison de leur allure et des milieux qu'ils fréquentent.
Dans le golfe du Morbihan, ils représentent, avec les anatidés, le groupe le plus représenté numériquement et le site joue un rôle d'importance internationale pour plusieurs espèces.

"Limicole" vient du latin limus, qui signifie « limon » ou « boue ». Cette étymologie est liée aux habitudes alimentaires de ces espèces qui consomment des petits invertébrés vivant dans la vase ou l’humus, vers, mollusques et crustacés.
Les formes de bec sont variées au sein des espèces de ce groupe et déterminent souvent la nature de leurs proies et les milieux dans lesquels elles les prélèvent. De cette manière, chaque espèce exploite sa ressource alimentaire sans être systématiquement en compétition.
Dans le golfe du Morbihan, on recense une vingtaine d'espèces de limicoles réguliers, avec des gros effectifs hivernants (surtout bécasseau variable, avocette et barge à queue noire) et quelques espèces nicheuses (échasse blanche, avocette élégante, chevalier gambette, ...).
Sont présentées ici quelques espèces parmi les plus emblématiques (échasse blanche, avocette élégante, barge à queue noire, chevaliers gambette et aboyeur, grand gravelot et bécasseau variable), ce qui ne doit pas enlever l'idée que beaucoup d'autres espèces sont observées dans le golfe du Morbihan (courlis cendré, huîtrier pie, vanneau huppé, tournepierre à collier, chevaliers arlequin et guignette, etc.).

Echasse blanche Himantopus himantopus

Dans l’ouest de l’Europe, l’échasse blanche présente une aire de distribution méridionale. Au cours des années 90, elle a sensiblement étendu son aire de nidification vers le nord : elle se reproduit maintenant régulièrement le long des côtes de la Manche, jusqu’aux Pays-Bas. Cette espèce migratrice passe l’hiver en Afrique sahélienne.
L'échasse blanche a le plumage noir et blanc avec les ailes entièrement noires
et les parties inférieures blanches. Le bec long et fin est noir et droit. Les très longues pattes rouges de cette espèce sont caractéristiques. En vol, les pattes tendues vers l'arrière sont très visibles. Son cri est également caractéristique et fréquemment émis pendant la période de reproduction. Elle niche en colonie, parfois mixtes avec des avocettes et des sternes.
L’échasse blanche niche dans les marais saumâtres du golfe du Morbihan, de mars à août. Les premiers cas de nidification ont été observés en 1965. Les effectifs ont globalement augmenté au cours des années 80, après une quasi-disparition à la fin des années 70. Les effectifs sont très variables d’une année à l’autre, mais à l’échelle du golfe, ils apparaissent plutôt stables.

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/echasse.blanche.html


Échasses blanches posées (remarquez que celle de droite est baguée) et en vol Marais de Suscinio, ONCFS


Avocette élégante Recurvirostra avosetta

Dans l’ouest de l’Europe, l’aire de reproduction s’étend du sud de la Suède jusqu’au bassin méditerranéen, presque exclusivement sur le littoral. L’espèce a récemment colonisé de nouvelles localités sur les rivages de la Mer Baltique, en Estonie et en Pologne. L’aire d’hivernage est vaste, du sud de l’Angleterre à l’Afrique de l’ouest.
L'avocette élégante est un limicole de taille moyenne, au plumage noir et blanc. Son grand bec mince retroussé vers le haut est caractéristique et rend cet oiseau impossible à confondre. Ses pattes sont longues de couleur bleue gris pâle. Le cri est un "kluit" doux, facile à reconnaître.
L’avocette élégante est présente dans le golfe du Morbihan toute l’année. Elle fréquente la partie maritime principalement de novembre à mars, c’est-à-dire pendant l’hivernage. L'effectif hivernant pour la saison 2008-2009 dépassait le millier d'individus, ce qui, après une forte augmentation dans les années 90, montre une tendance à la stabilisation. Le reste de l’année, l’avocette fréquente les marais endigués. Les effectifs les plus élevés sont enregistrés en avril et mai. La nidification de l’avocette a été observée pour la première fois dans le golfe du Morbihan en 1980. Les effectifs ont d'abord fortement augmenté et se sont ensuite stabilisé (plusieurs centaines de couples).

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/avocette.elegante.html


Envol d'avocette élégante Rivière de Noyalo, ONCFS

Bécasseau variable Calidris alpina

L’aire de reproduction s’étend de l’Islande à la Sibérie, surtout au niveau de la toundra arctique. Pendant l’hiver, les oiseaux occupent les rivages côtiers, essentiellement au niveau des baies et estuaires abrités, depuis le Danemark jusqu’au bassin méditerranéen et l’Afrique de l’ouest. Ce petit limicole est très commun en Europe et abondant d'un point de vue numérique.
Les bécasseaux sont difficiles à déterminer du fait de leur taille et de leurs ressemblances. En plumage nuptial, le bécasseau variable se distingue par sa poitrine qui porte une large tache ventrale noire. En hiver, la tache disparaît progressivement. Son bec est assez long pour un bécasseau et légèrement arqué. En vol, cette espèce forme d'importants groupes qui au loin donnent l'impression de nuées changeant de couleur en fonction de leur position (contraste net entre le dos et le ventre). En hiver, il est présent en grandes bandes sur les côtes et dans les estuaires abrités, les vasières, les prés salés, les lagunes et les plages de sable, où il se nourrit de petits invertébrés marins.
Le bécasseau variable fréquente le golfe du Morbihan essentiellement durant la période d’hivernage
, les premiers hivernants étant observés en octobre, les derniers en mars. Les stationnements sont importants atteignant parfois plus de 20 000 individus au cours de l'hiver. Ces dernières années, les effectifs comptabilisés tendent à montrer une baisse significative : en 2008-2009, les maximums observés ont avoisiné 21 000 individus alors que lors d'hivers précédents on pouvait avoir jusqu'à 30 000 oiseaux. Ils sont largement répartis sur toutes les zones intertidales du golfe : secteurs de Saint Armel, Saint Colombier, Kergeorget et Bénance. Lors de la marée descendante, il existe de nombreux déplacements inter-habitats, selon des axes ouest-est. Les oiseaux se dispersent en recherche de nourriture (petits invertébrés benthiques) sur l’ensemble des vasières accessibles du golfe.

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/becasseau.variable.html


Envol de bécasseaux variables pendant la marée montante, hiver 2008, Séné     _ ONCFS


Barge à queue noire Limosa limosa

La barge à queue noire présente deux sous-espèces distinctes en Europe. La première Limosa l. limosa, ou barge à queue noire continentale, se reproduit dans les plaines de l’Europe moyenne, depuis la France jusqu’à la Russie. La seconde Limosa l. islandica, ou barge à queue noire islandaise, niche essentiellement en Islande et marginalement en Irlande. La barge continentale hiverne principalement en Afrique sahélienne, alors que la seconde hiverne surtout dans les estuaires du sud ouest de l’Europe, de l’Irlande au Portugal : c'est cette sous-espèce islandaise que l'on retrouve dans le golfe du Morbihan en période de migration ou d’hivernage. La fragilité de cette sous-espèce repose sur l’extrême concentration de sa population nicheuse limitée à la seule Islande, et au faible nombre de sites accueillant la quasi-totalité des oiseaux en hiver. De fait, la barge à queue noire, normalement chassable, fait l'objet d'un moratoire pour 5 ans depuis 2008.
La barge à queue noire est un grand limicole, au long bec droit et long. En plumage nuptial, la poitrine est barré horizontalement de stries foncées et les flancs sont ornés d'écailles brunes. Le ventre et les sous-caudales sont blancs. La queue est blanche à la base, noire dans sa partie terminale, détail très visible en vol et caractéristique de l'espèce. En plumage hivernal, l'oiseau revêt des teintes beaucoup plus claires et grisâtres. L'intérieur des ailes reste toujours blanc, un critère également très visible en vol.
La barge à queue noire est présente toute l’année dans le golfe du Morbihan. Les effectifs les plus élevés sont enregistrés entre octobre et avril, avec une diminution en décembre et janvier. On observe un cycle de présence très semblable sur le marais de Pen en Toul. Dans les marais de Séné, les barges sont présentes de février à août, avec des effectifs maxima entre février et mai. Les effectifs de barge à queue noire hivernante montrent une forte augmentation dans le golfe depuis 1990 : en 2008-2009, plus 2400 sont observés (1855 la saison précédente). La reproduction de la barge est anecdotique dans le golfe même si quelques couples nicheurs ont pu y être observé depuis les années 80.

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/barge.a.queue.noire.html


Groupe de Barge à queue noire dans l'anse de Bénance, janvier 2010     _ONCFS


Chevalier gambette Tringa totanus
et Chevalier aboyeur Tringa nebularia

Parmi les chevaliers les plus régulièrement observés dans le golfe du Morbihan, on trouve le chevalier gambette et le chevalier aboyeur. Ces deux espèces sont chassables.
Le chevalier gambette niche partout en Europe dans les prairies humides et les marais, bien qu'il connaisse un déclin sensible. Il hiverne surtout dans les régions méditerranéennes et en Afrique. Certains restent sous nos latitudes, mais en bord de mer, dans les estuaires ou les marécages. En France, c'est un nicheur peu fréquent.
Le chevalier aboyeur a une aire de nidification située au nord de l'Europe. Il fréquente les landes dégagées ou partiellement boisées, ou les zones sèches non loin de tourbières. Le reste de l'année, dans son aire d'hivernage, il affectionne les vasières, les marais salants, les plages de sable, les plans d'eau douce et les lagunes.
Ces deux chevaliers sont hauts sur pattes, celles du gambette étant rouges à oranges, celle de l'aboyeur plutôt verdâtres
. Ce dernier est plus grand que le gambette, avec un bec plus massif et légèrement retroussé vers le haut . Le chevalier gambette a un bec fin, droit et rouge. Il a un plumage plutôt brun (dessus) tandis que l'aboyeur porte un plumage grisâtre. Le cri du gambette ressemble à un "tululu", celui de l'aboyeur pourrait être effectivement comparé à un aboiement mais la distinction n'est pas toujours aisée. En vol, le chevalier gambette est le seul de son groupe à posséder de larges bandes alaires blanches ce qui permet de le distinguer facilement des autres espèces.
Le chevalier gambette fréquente le golfe du Morbihan tout au long de l’année, en migration post-nuptiale de juillet à septembre, en hivernage d’octobre à février et en migration prénuptiale de mars à mai. Dans la partie maritime, les stationnements sont importants et durables avec des effectifs atteignant 400 individus ou plus de juillet à février, répartis un peu partout dans le golfe. La population reproductrice compte au maximum une cinquantaine de couples.
Le chevalier aboyeur fréquente le golfe du Morbihan principalement de juillet à novembre, en migration post-nuptiale et en début d’hivernage. Les effectifs hivernants restent faibles, généralement en dessous de la centaine d'individus.

Pour en savoir plus sur le chevalier gambette : http://www.oiseaux.net/oiseaux/chevalier.gambette.html
Pour en savoir plus sur le chevalier aboyeur : http://www.oiseaux.net/oiseaux/chevalier.aboyeur.html


Grand gravelot Charadrius hiaticula

L’aire de reproduction s’étend de la toundra arctique aux zones boréales et tempérées d’Europe, jusqu’en France. L’aire d’hivernage occupe une vaste superficie, depuis les rivages de la Mer du Nord (Angletere, Pays-Bas) jusqu’à l’Afrique tropicale.
Il existe plusieurs espèces de gravelots qui ne sont pas toujours évidente à différencier. Le grand gravelot en livrée nuptiale à les pattes oranges, un bec orange à pointe noire, une gorge blanche avec un net collier noir. En période hivernale, le bec apparaît plus sombre. En période de reproduction, le grand gravelot fréquente les plages de sable, gravier et galets des côtes et des grands cours d'eau. De nombreux individus nordiques viennent renforcer les effectifs locaux d'hivernants. Ce sont des oiseaux nerveux, très actifs en recherche de nourriture, suivant l'incessant va-et-vient de l'eau sur les plages pour venir y capturer les petits invertébrés présents sur les laisses de mer. En hivernage, les gravelots sont grégaires et forment de grandes troupes mixtes avec les bécasseaux sanderlings et variables, ainsi que les tournepierres à collier.
Le grand gravelot fréquente le golfe du Morbihan en migration et en hivernage
. Leur effectif hivernant parait stable oscillant autour du millier d'individus (1238 en 2008-2009).

Pour en savoir plus :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/grand.gravelot.html


Le gravelot à collier interrompu est observé dans les environs du golfe du Morbihan et nicheur dans ONCFS
le département. Il se différencie bien du grand gravelot à son collier non terminé et à sa calotte brun
fauve. Etel, avril 2010.

L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

L'ONCFS est un établissement public, sous double tutelle des Ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, en charge de la connaissance de la faune sauvage et de ses habitats, de la police de la chasse et de l'environnement et de l'appui technique auprès des décideurs politiques, aménageurs et gestionnaire de l'espace rural.  L'ONCFS est implanté dans tous les départements métropolitains et d'outre-mer.

Site internet : www.golfedumorbihan.org Adresse mail

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