Golfe du Morbihan - ONCFS

Marées et courantologie dans le golfe du Morbihan

Notez cet article
(10 Votes)
Un kayakiste emporté par l'impressionant courant de la Jument pendant la semaine du golfe Un kayakiste emporté par l'impressionant courant de la Jument pendant la semaine du golfe ONCFS
Les courants de marée constituent les agents morphodynamiques fondamentaux participant de manière importante à la mise en place du matériel sédimentaire. Le cycle de marée est décalé en fonction des caractéristiques bathymétriques et courantologiques qui ont lieu dans le golfe du Morbihan et de la distance des ces zones au goulet de Port-Navalo. Ainsi, on constate un retard maximal de 2 heures et perte d’amplitude de 50 % entre l’entrée et le fond du Golfe.

Le golfe peut être divisé en trois zones en prenant compte les caractéristiques de la marée (Marcos & al, 2006) : de l’entrée à l’île longue incluant la rivière d’Auray (marnage de vive eau de 4 m.), de l’île longue à Berder (3,2 m et déphasage par rapport à Port-Navalo de 1 h.), le reste du golfe à l’est (2,8 m., avec un déphasage allant de 1h40 à 2h30). Marcos& al détaillent le déroulement d’une marée en divers points. Pour le secteur entrée du golfe/rivièe d’Auray, la renverse en rivière d’Auray a lieu 45 minutes avant celle de Port-Navalo. L’eau venant de l’intérieur du golfe remonte directement en rivière d’Auray à Basse Mer, alors qu’inversement à Pleine Mer une partie des masses d’eau présentes en rivière d’Auray s’écoulent vers le golfe. A Port-Navalo, le flot se déroule jusqu’à environ PM+1h30. Pour le secteur de l’Île Longue/Berder, les forts courants dépassent les 3 m/s en vive eau, les pertes de charge sont élevées, le marnage diminue rapidement et les renverses se produisent 30 minutes plus tard. Pour le reste du golfe, le modèle montre différentes zones où il existe des variations des courants entre le flot et le jusant.

L'étroitesse du goulet de Port-Navalo intervient prioritairement dans le processus de déphasage. Fonctionnant comme une « baie fermée », au moment de la marée montante (flot), les courants entrants pénètrent vers l’amont du golfe, alors que dans le même temps d’autres en sorte finissant leur cycle de mer descendante (jusant), en sens inverse. Il en résulte, une complexité courantologique évidente avec des des courants et des contre-courants qui alternent le long de zones de calme. Le marnage est plus faible à l'intérieur du golfe qu'à l'extérieur, car le goulet est étroit et le bassin étendu. On peut noter une différence de 2 m entre l’entrée du golfe et le fond du bassin, soit un marnage de 5 m à Port-Navalo et de 3 m à Vannes.

 

 


Au loin à gauche, Port Navalo et son étroit goulet de 900 m., seule connexion du golfe du Morbihan ONCFS, octobre 2009
vers la mer ; Au deuxième plan, l'île du Petit Veizit et son amer, un repère visible au large du golfe.


La configuration bathymétrique joue également un rôle dans la courantologie générale observée dans le golfe
. Le réseau des chenaux majeurs, héritage du Quaternaire correspond au réseau hydrographique des trois rivières ennoyées lors de la transgression flandrienne, rivière de Noyalo, de Vannes et d’Auray. Ces rivières ont formé des lits à faible et irrégulière déclivité qui influence aujourd’hui la vitesse des courants, et le processus d'érosion et d'alluvionnement. Les forts courants qui entrent par le goulet sont largement freiné et absorbés par les hauts-fonds de l'ouest du Golfe et les îles occidentales. L'est du golfe reste donc relativement préserver de la violence de ces courants, ce qui explique la nette opposition entre le bassin occidental et le bassin oriental.
Il faut considérer que ce système est en évolution constante du fait notamment de l’affaissement progressif du bassin occidental, mais aussi des modifications de trait de côte, des variations d’apports sédimentaires, des contributions continentales organiques, etc. De manière générale, il semblerait donc que les secteurs soumis à l’influence directe des courants, à proximité du goulet d’entrée, soient actuellement en train de s’enfoncer tandis que la partie orientale et les fonds des rias s’envasent, ce qui entraînerait une extension des vasières et une réduction du calibre des chenaux (Gicquel, 2005).


Carte bathymétrique du golfe du Morbihan Caillibot, 1990 ; fond IGN

 

Les courants sont également caractérisés par l’importance des volumes d’eau entrant et sortant du golfe au cours d’une marée. Associé à l’étroitesse du goulet, ces courants sont par endroits très violents. Les plus importants ont été mesurés entre Berder et la Jument, dépassant 9 nœuds en marée de 120, ce qui fait du golfe l’une des zones françaises où les courants sont les plus intenses (Marcos & al).


Embarcations sur le tumultueux courant de la Jument, pendant la semaine du golfe édition 2009 ONCFS, mai 2009

L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

L'ONCFS est un établissement public, sous double tutelle des Ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, en charge de la connaissance de la faune sauvage et de ses habitats, de la police de la chasse et de l'environnement et de l'appui technique auprès des décideurs politiques, aménageurs et gestionnaire de l'espace rural.  L'ONCFS est implanté dans tous les départements métropolitains et d'outre-mer.

Site internet : www.golfedumorbihan.org Adresse mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Plus d'articles dans cette catégorie : « Le rôle essentiel de l'eau dans le golfe du Morbihan

Faune Sauvage du Golfe du Morbihan